Élections au Québec le 7 avril prochain

5 mars 2014

Assemblée nationale QuébecLa première ministre Pauline Marois a annoncé il y a quelques heures qu’elle a demandé au lieutenant-gouverneur de dissoudre l’Assemblée nationale. Le Québec est donc en campagne électorale après 18 mois de gouvernement minoritaire.
En ce moment, selon les derniers sondages, le Parti québécois est en avance dans les intentions de vote, surtout chez les francophones. Tout n’est évidemment pas joué. Pour ceux qui sont intéressés par l’évolution de l’opinion, je vous invite à consulter l’excellent site Too Close to Call/Si la tendance se maintient. L’intérêt de ce site géré Bryan Breguet, candidat au doctorat en science économiques à l’Université de Colombie-Britannique, est de fournir « des projections électorales dans chaque circonscription en fonction des intentions de votes fournies par les sondages ». Selon les simulations actuelles, le Parti québécois aurait 86,8 % de chances de gagner l’élection, mais serait encore en terrain minoritaire. La Coalition Avenir Québec de François Legault viendra-t-elle brouiller les cartes ? Que feront les petits partis comme Québec solidaire ? Comment sera perçu le nouveau chef libéral ? Pour l’instant, il semble que ce soit surtout les déçus de la politique qu’il faudra convaincre et ces derniers sont de plus en plus nombreux.
En terminant, je fais un clin d’oeil à ma cousine, Véronique Fournier, qui se présente sous la bannière du Parti québécois dans Saint-Henri-Sainte-Anne !

The Prime Minister Pauline Marois asked the Lieutenant Governor to dissolve the National Assembly a few hours ago. Quebec is therefore in elections after 18 months of minority government.
At this time, according to the latest polls, the Parti Québécois is ahead in voting intentions, especially among francophones. But there is still a campaign to do. For those who are interested in the evolution of opinion, I invite you to visit the excellent site Too Close to Call/Si la tendance se maintient. The site managed by Bryan Breguet, candidate to PhD in economic science at the University of British Colombia, « provides electoral projections at the riding level for Canadian federal elections as well as some provincial ones. Projections are based on the most recent polls ». According to the current simulations, the Parti Québécois would 86.8% likely to win the election, but would still be in minority land. Will François Legault’s Coalition Avenir Québec come muddying the waters? And small parties as Québec solidaire? How will the new liberal leader be perceived? For now, it appears that the disappointed about politics will be the ones to convince, and they are more and more numerous.
In closing, I would like to mention that my cousin, Véronique Fournier, will be candidate under the banner of the Parti Québécois in Saint-Henri-Sainte-Anne!


Poutine : plat national du Québec !

10 octobre 2012

Poutine de chez Patati Patata à Montréal (© Mike Schiraldi, 2007)

La lecture du blogue de Patrick Lagacé il y a quelques jours m’a fait connaître un site que je ne connaissais pas, Poutine War. Malgré son nom pas très français, le site se consacre entièrement à un des mets les plus typiques – et les plus controversés ! – du Québec : la poutine ! Ce plat composé de frites, fromage en grains et sauce « brune » se retrouve dans tous les casse-croûtes et même, sous des formes plus rehaussées, dans de bons restaurants (la poutine au fois gras, par exemple !). Le site explique bien sûr les origines de la poutine, en laissant malheureusement planer le doute : tout le monde sait que la poutine vient bien de Drummondville !! À la fin de l’été s’y tient d’ailleurs un populaire festival.

Believe it or not, I have discovered a very complete website on the national Quebec dish, the poutine. You will not eat this combination of fries, fresh cheese curds, and brown gravy in Michelin 3-star restaurants (although a poutine au fois gras exists!), but in good old family restaurants. Tell me if you like it! Of course, I recommend eating it in Drummondville.


L’attentat du Métropolis

5 septembre 2012

Difficile de commenter la soirée d’hier.

Il est évident que l’élection d’une première femme au poste de premier ministre est un événement historique, mais la courte victoire du Parti québécois, avec seulement 54 sièges, posera certainement des problèmes pour l’adoption de son programme au Parlement (et nous reviendrons sur les estimations des sondeurs qui, qu’on le veuille ou non, ont eu des failles).

Toutefois, tout cela s’efface devant le drame qui a eu lieu au moment du discours de Pauline Marois. C’est dans ces moments que l’on comprend mieux la fragilité de la vie démocratique. Un homme armé est entré au Métropolis et a tiré, tuant un technicien et en blessant un autre. Il aurait pu toucher Mme Marois. Il faut d’abord se recueillir devant cette vie inutilement perdue et réfléchir sur les conséquences d’un tel geste.

Ce n’est pas ainsi que la démocratie doit se vivre. La grande force de nos systèmes électoraux est qu’après toutes ces joutes verbales à la défense de projets de société divers, un choix émerge que les perdants acceptent jusqu’aux prochaines élections. On n’insiste peut-être pas assez sur la grandeur de cette dynamique politique.

Before any comments, we have to reflect upon the fatal shooting at Pauline Marois Quebec victory speech. Clearly, democracy is a fragile political system.


Voter stratégique…

1 septembre 2012

La campagne électorale québécoise est maintenant terminée. Depuis le 1er août, les 3 principaux partis se sont affrontés (le Parti libéral, le Parti québécois et la Coalition avenir Québec), en plus de 2 partis très minoritaires mais qui ont eu une influence suffisamment grande politiquement pour faire partie de bien des discussions (Québec solidaire et Option nationale).

Il est rare qu’un si grand nombre de partis politiques se présentent dans un système électoral « uninominal à un tour » propre à l’Amérique du Nord (et on ne compte pas les 15 autres partis de toute tendance). D’après le célèbre politologue Maurice Duverger, un tel système électoral favorise plutôt le bipartisme et tend à polariser la vie politique. La raison en est bien simple : le système est conçu de telle sorte qu’est élu dans une circonscription le candidat ayant obtenu le plus de voix (une pluralité, donc). Lorsque deux candidats se présentent, le gagnant aura nécessairement obtenu la moitié des voix plus une, mais dès que trois candidats ou plus se présentent, la majorité absolue n’est plus nécessaire pour l’emporter. Le cas classique est alors de voir le candidat du parti A gagner avec 40 % des voix, alors que le candidat B obtient 35 % et le candidat C, 25 %, par exemple. Si les voix de B et de C s’étaient portées sur un seul candidat, A aurait été battu. Voilà pourquoi ce système électoral « encourage » des luttes à deux candidats et une bipolarisation de la vie politique : un parti « au pouvoir » contre le regroupement des forces d’opposition à ce parti.

Manifestement, cette dynamique ne se produira pas au Québec cette année. Pour toutes sortes de raisons liées à l’usure du pouvoir du Parti libéral, à une faiblesse relative du Parti québécois, à la présence d’un nouveau parti (la CAQ) et au rôle non négligeable de Québec Solidaire, des résultats très serrés risquent d’être enregistrés ce soir dans de nombreuses circonscriptions. Quelques voix pourront faire la différence.

Il y a quelques jours, un débat a eu lieu sur la nécessité de voter de façon «stratégique » ou non pour cette élection. Pour comprendre cet appel, souvent lancé par les grands partis d’opposition (alors que les petits en appelleront pour un vote de conviction), il faut garder en tête la dynamique du système expliquée précédemment. Comme 3, voire 4 partis peuvent représenter potentiellement un choix d’opposition dans une circonscription, un électeur qui votera pour le parti « selon ses convictions » sans se soucier de sa place «stratégique » pour battre le candidat du parti au pouvoir risque simplement de diviser le vote… On peut en appeler à une réforme de ce mode de scrutin, reste que ce dernier est en vigueur pour cette élection et que la dynamique d’un vote doit être connue.

C’est la raison pour laquelle, depuis quelques années, on retrouve sur Internet différents sites établissant des prévisions par circonscription à partir des résultats des sondages, des traditions électorales et de différents autres facteurs. Ces analyses ont des limites (nous les étudierons après la soirée électorale…), mais elles peuvent aider le choix de l’électeur lorsque, comme cette année, plusieurs partis peuvent faire pencher la balance.

Parmi ces sites, on peut consulter : ThreeHundredEight.com (ce nom vient du nombre de circonscriptions électorales fédérales, mais l’auteur s’intéresse également aux différentes élections provinciales), Si la tendance se maintient (du nom d’une phrase célèbre prononcée traditionnellement par le présentateur vedette de Radio-Canada pour annoncer le parti gagnant au soir des élections) et Prévisions électorales. Une mention spéciale aussi pour le site de Claire Durand qui étudie les sondages depuis de nombreuses années (évidemment, il convient aussi de se référer aux maisons de sondage qui fournissent les résultats de base pour ces analyses, en particulier CROP et Léger Marketing).

Reprenons, dans un tableau, les prévisions pour la province de ces sites :

ThreeHundredEight : Parti québécois minoritaire : PQ (63) PLQ (33) CAQ (27) QS (2)

Si la tendance…Parti québécois majoritaire : PQ (66) PLQ (33) CAQ (24) QS (2)

Prévisions électoralesParti québécois majoritaire : PQ (69) PLQ (30) CAQ (23) QS (2) ON (1).

En cliquant sur les liens, chaque circonscription est analysée. L’électeur peut ainsi évaluer, en connaissance de cause, le poids de son vote selon le message qu’il souhaite faire passer.

Pour terminer, mes lecteurs européens qui souhaiteront suivre la soirée électorale devront se résoudre à passer la nuit éveillée (ce que je compte bien faire !). Si vous souhaitez suivre les résultats, je vous conseille les différentes pages du site de Radio-Canada et l’entrée #qc2012 sur Twitter. Le site q2012.info regroupe également toutes les infos et les tweets sur le sujet. Au moment où je termine cette entrée, on indique que le taux de participation est élevé. La soirée sera à suivre…

For my English-speaker followers, see the ThreeHundredEight.com website for the best information on the Quebec provincial elections. This website deals with the issue I describe in this post.


Starbucks et politique

6 août 2012

Un Starbucks

Lorsque je suis dans une ville étrangère, j’aime toujours me retrouver chez Starbucks. Ce n’est pas vraiment pour le café (je prends des jus glacés), mais surtout pour la connexion Internet que je suis certain de trouver. C’est aussi un endroit où on s’attend à ce que d’autres gens consultent Internet (le nombre de Macs au mètre carré est impressionnant) ou même que les étudiants travaillent… Certes, il se trouve toujours des bien pensants pour critiquer les Starbucks (attitude intellectuelle normale puisqu’il s’agit après tout d’un produit culturel américain envahissant – voir aussi cet article sur le ton culpabilisant). Pour moi, il y a un aspect social chez Starbucks que seuls les vrais adeptes comprennent, je crois.

C’est un peu la réaction « inverse » que j’ai eue en lisant un des derniers articles de Patrick Lagacé qui est allé interroger des campeurs du célèbre camping Saint-Madeleine, sur le bord de l’autoroute 20 entre Montréal et Drummondville. Un camping sur l’autoroute ! Ne faut-il pas être un peu fêlé pour passer des vacances à cet endroit ? Je n’irais jamais passer les miennes là, voyons. Avec humour, évidemment, Lagacé y est allé « tâter le pouls du vrai monde » à propos des élections générales qui viennent d’être déclenchées au Québec. On remarquera qu’il n’y va pas pour dévaloriser le choix de ces gens, au contraire (« Malgré la proximité de la 20, l’endroit est étonnamment tranquille, la rumeur des voitures ne nous parvient pas. À moins d’être au fond du camping, c’est clair, le campeur n’a pas besoin de bouchons pour dormir ».). Toutefois, j’avoue que la plupart des commentaires qui ressortent de ce vox populi sont assez décourageants : « moi, la politique, ça ne m’intéresse pas »… Et ce ne sont pourtant pas des jeunes !! Pendant le prochain mois, près de 500 candidats vont tenter d’attirer l’attention de ces électeurs. Même si nous sommes en plein été, il faut espérer qu’ils soient à l’écoute – pas seulement parce qu’il s’agit de leur devoir, mais parce que c’est encore la seule vraie occasion d’échange dans une démocratie. Après, on pourra toujours manifester…

I like to stop by Starbucks. I know, some intellectuals prefer criticizing this trendy American chain, but it is a convenient place to check emails or even to work (as students like to do). I think you need to go there to understand its social aspect. It is probably the same thing for people who like spending their holidays at the Camping Sainte-Madeleine in Quebec, next to the Highway 20… I wouldn’t like to be there!! La Presse’s columnist Patrick Lagacé did a vox populi there a few days ago, after the call for the 2012 Quebec General Election. Frankly, this was discouraging: people seem so disinterested in politics (and they were not even young!). Even if we are in the middle of summer, an election is really the only time to talk about politics. Almost 500 candidates are prepared to do so right now!!


Troublé…

26 juin 2012

S’il vous plaît, Monsieur le chroniqueur, dites-moi que cette lettre est fictive…

If you read French, I strongly recommend you to read the first part of this paper from a famous French columnist. Unbelievable…


Bonne fête Québec !

23 juin 2012

24 juin, Saint-Jean-Baptiste, Fête nationale des Québécois…

Beaucoup de souvenirs d’enfance sont associés à ce moment, maintenant que je ne demeure plus au Québec depuis de nombreuses années. Le moment était toujours synonyme du début de l’été, puisque les classes se terminaient un peu avant, vers le 21 juin au primaire et au secondaire. Il y avait des célébrations dans les quartiers, avec de la musique (beaucoup de musique), des saucisses et des feux de joie (lorsque j’ai été scout, nous en avons même organisé un, mémorable, dans le quartier Christ-Roi où nous avons pratiquement craint pour le presbytère…). Lorsqu’on devient majeur, l’envie nous prend d’aller célébrer la fête à Québec, sur les célèbres Plaines d’Abraham, lieu de la première des défaites françaises de la Guerre de Sept ans qui menèrent à la perte de la Nouvelle-France.

Les connotations politiques n’ont jamais été absentes de cette fête. Identifiée d’abord comme la fête des Canadiens français et encadrée par l’Église catholique (voir une assez bonne description sous Wikipédia), elle est devenue fête des Québécois dans les années soixante avec l’affirmation nationaliste, puis « Fête nationale » avec l’arrivée du Parti québécois en 1976. C’était la grande époque des fêtes sur la montagne à Montréal et la création de Gens du pays par Gilles Vigneault. Encore aujourd’hui, même si la souveraineté du Québec n’est plus vraiment à l’ordre du jour, certains débats émergent de nouveau. Depuis 2009, un questionnement de plus en plus vif sur la pertinence d’entendre des chansons en anglais pendant les fêtes me semble assez significatif de l’évolution politique du Québec d’aujourd’hui.

Peu importe votre vision de la fédération canadienne, la société distincte québécoise ne mérite-t-elle pas d’être célébrée au moins une fois par année ? Bonne fête Québec !

Since the 19th century, French Canadians have celebrated their feast on June 24th, St John the Baptist Day. In the sixties, strong nationalist feelings in Quebec transformed it to celebrate Quebec people and, in 1977, the Parti québécois made it the Quebec National Holiday. This celebration has always been seen as a political statement. Even until today, it has not been possible for the few English groups to sing in their own language if they wanted to. Is this an expression of exclusion or a will to reaffirm the core of Quebec distinct society? Anyhow, every Quebecker – and people who like them – has reasons to celebrate tonight and tomorrow. Bonne fête Québec!