Droit de vote à 16 ans (bis)

30 janvier 2013

Clip 2013-01-29 à 20.04.20J’aimerais poursuivre la réflexion sur le droit de vote à 16 ans, surtout à la suite de l’excellent dossier consacré à ce sujet par Florence Meney, de Radio-Canada (et il n’est pas excellent, dois-je le préciser, parce qu’elle reprend certains de mes travaux sur le sujet !!). Tous les arguments ont été bien repris et expliqués. J’aimerais cependant ajouter une nuance à l’argument de mon collègue François Gélineau. Ce dernier a bien raison de mentionner que l’abaissement de 21 à 18 ans a peut-être été un facteur important dans l’abstention. En fait, 18 ans est probablement une mauvaise « limite » pour s’initier au vote, puisque l’encadrement social y est moins fort (début des études universitaires, fréquents déplacements, premières expériences de vie en couple, etc.). Toutefois, contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette réalité peut être considérée comme un argument en faveur d’un nouvel abaissement à 16 ans, puisque l’encadrement scolaire que vivent encore la plupart des jeunes faciliterait une meilleure socialisation à l’importance du vote – en autant évidemment que des activités (telles que des parlements jeunesse, des simulation d’élections…) soient organisées pour sensibiliser les jeunes. De telles activités sont beaucoup plus profitables, me semble-t-il, que le simple apprentissage de données factuelles sur les régimes électoraux, mais c’est une autre question…

En passant, deux avis intéressants à consulter sur le sujet : celui d’Antoine Robitaille dans Le Devoir et celui du maire du 4e arrondissement de Paris (les Français réfléchissent aussi à la question, paraît-il, pour mettre « la jeunesse au cœur de [la] vie démocratique »).

Mise à jour : petite correction par rapport à mon article d’avant-hier : Pauline Marois a rencontré Alex Salmond à Édimbourg hier. D’ailleurs, il faudrait que je reparle davantage du fait qu’elle n’a pas rencontré Bart de Wever au cours de son séjour en Europe. Les Belges (francophones !) l’ont remarqué.

It is nice to see the result of your research in the media and this is what I experienced today. The website of Radio-Canada posted a full dossier on the issue of the right to vote at 16 year old with some of my work (especially a research where 200 young French-speaking Belgians gathered in Liège in 2009  for a whole day of debates and discussions on the issue, inspired by the method of “citizen conferences”). At the end of the day, only 22% agree to lower the right to vote. In an article to be published soon (“Who Is Ready to Vote at 16?” New Perspectives in the Study of Political Reasoning), I conclude: « No social or electoral necessity calls for a change of this threshold today in Belgium, but it could happen in the future. In fact, when we analyse the data collected on the issue of lowering the voting age to 16, one option seems to emerge: 82% would accept the idea of lowering the voting age to 16 if it was not mandatory. » In my view, lowering the right to vote cannot be done without increasing largely the socialisation to politics, particularly in school.

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Fête nationale belge

22 juillet 2012

La Grand Place de Bruxelles (Paul Ijsendoorn source http://www.flickr.com/photos/ijsendoorn/333903083/)

Les Belges célèbrent leur fête nationale le 21 juillet. Cette année, le climat a été fort différent de celui de l’an dernier (je ne parle pas ici de la météo, mais du climat politique, évidemment !). Nous étions alors en pleine crise politique, sans gouvernement fédéral (mais le pays n’était pas à l’arrêt, les gouvernements régionaux et communautaires pouvant fonctionner). À la veille du 21 juillet, il y a un an, le roi Albert II était clairement intervenu dans la crise, dans un discours à la nation qui sortait vraiment des clichés propres à ce genre d’exercice. Sa gestuelle, surtout, était remarquable. Clairement, il fallait marquer le coup et montrer la gravité de la crise.

Dans son discours de 2012, le roi « adopte un point de vue plus classique de témoin ». Néanmoins, un rôle plus engagé lui a été réservé jeudi lors de la signature des premiers textes qui résultent de l’accord entre les partis politiques et qui marqueront la sixième réforme de l’État belge depuis 1970. Il s’agit de modifications institutionnelles à Bruxelles et dans ses environs, ainsi qu’au financement de la capitale. Le tout a été fait en grande pompe, manifestement pour marquer encore le coup.

Évidemment, le jeu politique entre les partis n’en est pas terminé pour autant. LA N-VA (Alliance Néo-Flamande) de Bart De Wever promet de faire parler d’elle au moment des prochaines élections municipales… et remettra éventuellement tout en question. Les stratégies de ce parti ne sont pas toujours très bien comprises par les francophones, d’ailleurs. C’est pourquoi cette entrevue de deux journalistes français me semble fort intéressante dans ce contexte.

Voilà, de mon côté, je vais prendre une petite pause estivale – comme une bonne partie de la classe politique d’ailleurs. On annonce enfin du beau temps. On ne va pas s’en plaindre. De retour vers le 15 août !

Belgian national day is on July 21th. The political climate has been less tense this year. Belgium has a federal government and the first modifications of legal texts were adopted last Thursday. Albert II’s speech to the nation has been delivered with a much more cheerful tone. But the political crisis is not over yet. With the local elections in full swing, the nationalist party N-VA will certainly make new gains and claim new constitutional changes. This sixth reform of the Belgian kingdom since 1970 will not be the last one…

Time for me to have a break and, perhaps, enjoy summer in this part of Europe… See you all around August 15th! Your comments are always welcome!