Une campagne qui s’annonçait calme… ?

11 mars 2014

20a9d6816afb3bd65bc339e2c7a4e4acJe ne vous annoncerai pas une grande nouvelle dans cet article : ce n’est d’ailleurs pas mon rôle, heureusement. Depuis dimanche au Québec, on ne parle que de la candidature de Pierre Karl Péladeau dans la circonscription de Saint-Jérôme pour le Parti québécois. De nombreux commentaires ont été faits sur cette nouvelle, et j’aimerais apporter ma petite pierre.
Avec l’arrivée de PKP se posent trois questions : l’entrée d’un homme franchement de droite dans un parti réputé de centre-gauche ; la remise au centre du jeu du combat pour l’indépendance ; les règles d’éthique à définir dans le cas d’un possible futur ministre qui était il y a encore quelques mois un « magnat de la presse » (Québecor regroupant Vidéotron, TVA, le Journal de Québec, le Journal de Montréal, Sun Media, Archambault et bien d’autres) et un des hommes les plus riches du Québec.
En fait, tout ceci peut être vu – aussi paradoxal que cela puisse paraître – en droite ligne avec ce que je développais dans mon billet précédent : le PQ n’a plus peur (et rien ne l’empêche plus vraiment) de brouiller les cartes. Souffler le chaud et le froid en essayant de ratisser le plus large possible ? Tout un défi. Enfin, si l’homme est une personnalité fort connue et s’avère évidemment un atout, reste à savoir cependant s’il aura suffisamment de flair politique pour savoir jouer convenablement ce dernier.
Quant à la position délicate de savoir si un homme si « puissant » peut s’engager en politique sans qu’il n’en vienne à confondre les intérêts de l’État avec les siens, je pense que la question se pose réellement au delà d’un simple respect du code d’éthique actuel de l’Assemblée nationale. La situation est on ne peut plus exceptionnelle. Mais toute proportion gardée, la même question se pose aussi pour ces journalistes qui passent d’une profession à l’autre (elle se pose d’ailleurs en ce moment en Belgique où des élections se préparent aussi). Pour s’assurer d’une véritable indépendance, seule une période de temps « raisonnable » devrait espacer profession et politique, période variable selon les circonstances. Mais dans le cas de M. Péladeau, on peut encore se demander si sa carrière politique sera longue…


« Ceux qui ne veulent pas de référendum peuvent voter PQ »

7 mars 2014
La page « Indépendance » du site Web du Parti québécois

La page « Indépendance » du site Web du Parti québécois

Je me suis pratiquement étouffé en ouvrant la page Web de La Presse ce soir :

Pauline Marois invite aussi les électeurs qui ne souhaitent pas de référendum à voter pour le Parti québécois (PQ). «Si (un électeur) est intéressé par le programme du PQ, il devrait voter pour», a-t-elle déclaré à Drummondville.

Voilà une façon bien cavalière de mettre l’idée d’indépendance sous le tapis… pour la faire peut-être ressortir une fois le parti au pouvoir ? Selon le même article,

Mme Marois refuse de dire si elle déclencherait un référendum sur l’indépendance dans un mandat majoritaire. «Il n’y a pas d’engagement à tenir un référendum, mais il n’y a pas d’engagement non plus à ne pas tenir de référendum», a-t-elle expliqué. Elle ne veut pas «faire de stratégie ouverte».   Elle propose de déposer un livre blanc sur l’avenir du Québec. Dans son gouvernement, certains y voient une consultation. D’autres y voyaient un outil de promotion de l’indépendance.
«On ne fera pas ça en cachette. On ne fera pas ça dans la nuit. Et il faudra qu’il y ait un certain consensus», a-t-elle ajouté. «Je vais respecter les Québécois, je ne vais pas les bousculer. Et nous aurons le temps de revenir sur cette question, si tant est qu’elle est amenée sur le devant de la scène.»

Il est tout de même bizarre qu’une question si importante ne fasse plus l’objet d’un engagement électoral clair pour le PQ. On sait toutefois comment cette question fut pendant de nombreuses années un « boulet politique » pour cette formation qui proposait une option de moins en moins populaire. Rappelons que le programme du Parti Québécois a toujours «pour objectif premier de réaliser la souveraineté du Québec à la suite d’une consultation de la population par référendum tenu au moment jugé approprié par le gouvernement » [c’est nous qui soulignons]. Assisterions-nous maintenant à la stratégie du « référendum surprise » ?

* * *

I almost choked when I opened La Presse Web page tonight:

Pauline Marois also invites voters not wanting a referendum to vote for the Parti québécois (PQ). « If (an voter) is interested in the program of PQ, he or she should vote in favour », she said in Drummondville [our translation].

This is an interesting way to sweep the idea of independence under the carpet… and perhaps to come back with it once elected? According to the same article,

Ms. Marois refuses to say if she would trigger a referendum on independence in a majority mandate. « There is no commitment to holding a referendum, but there is no commitment either to not holding a referendum, » she said. She does not want an « open strategy ». She suggests to submit a white paper on the future of Quebec. In her Government, some see it as consultation, others saw it as a tool for the promotion of independence.
« We won’t do this secretly. We won’t do this over night. And there will have to be a certain consensus, » she added. « I will respect the Québécois, I will not blindside them. « And we will have time to come back to this issue, should it be brought up again. » [our translation]

It is also odd that such an important issue doesn’t seem to be a clear electoral commitment for the PQ anymore. We know how this question was a « political millstone round PQ’s neck » when the option was less and less popular among Quebeckers. We should not forget that the « [Parti Québécois’s] primary objective [is] to achieve Quebec’s sovereignty following consultation of the population by referendum at the time deemed appropriate by the Government » [emphasis added]. Are we going to witness the strategy of a « surprise referendum »?


Élections au Québec le 7 avril prochain

5 mars 2014

Assemblée nationale QuébecLa première ministre Pauline Marois a annoncé il y a quelques heures qu’elle a demandé au lieutenant-gouverneur de dissoudre l’Assemblée nationale. Le Québec est donc en campagne électorale après 18 mois de gouvernement minoritaire.
En ce moment, selon les derniers sondages, le Parti québécois est en avance dans les intentions de vote, surtout chez les francophones. Tout n’est évidemment pas joué. Pour ceux qui sont intéressés par l’évolution de l’opinion, je vous invite à consulter l’excellent site Too Close to Call/Si la tendance se maintient. L’intérêt de ce site géré Bryan Breguet, candidat au doctorat en science économiques à l’Université de Colombie-Britannique, est de fournir « des projections électorales dans chaque circonscription en fonction des intentions de votes fournies par les sondages ». Selon les simulations actuelles, le Parti québécois aurait 86,8 % de chances de gagner l’élection, mais serait encore en terrain minoritaire. La Coalition Avenir Québec de François Legault viendra-t-elle brouiller les cartes ? Que feront les petits partis comme Québec solidaire ? Comment sera perçu le nouveau chef libéral ? Pour l’instant, il semble que ce soit surtout les déçus de la politique qu’il faudra convaincre et ces derniers sont de plus en plus nombreux.
En terminant, je fais un clin d’oeil à ma cousine, Véronique Fournier, qui se présente sous la bannière du Parti québécois dans Saint-Henri-Sainte-Anne !

The Prime Minister Pauline Marois asked the Lieutenant Governor to dissolve the National Assembly a few hours ago. Quebec is therefore in elections after 18 months of minority government.
At this time, according to the latest polls, the Parti Québécois is ahead in voting intentions, especially among francophones. But there is still a campaign to do. For those who are interested in the evolution of opinion, I invite you to visit the excellent site Too Close to Call/Si la tendance se maintient. The site managed by Bryan Breguet, candidate to PhD in economic science at the University of British Colombia, « provides electoral projections at the riding level for Canadian federal elections as well as some provincial ones. Projections are based on the most recent polls ». According to the current simulations, the Parti Québécois would 86.8% likely to win the election, but would still be in minority land. Will François Legault’s Coalition Avenir Québec come muddying the waters? And small parties as Québec solidaire? How will the new liberal leader be perceived? For now, it appears that the disappointed about politics will be the ones to convince, and they are more and more numerous.
In closing, I would like to mention that my cousin, Véronique Fournier, will be candidate under the banner of the Parti Québécois in Saint-Henri-Sainte-Anne!


Élections communales en Belgique

22 octobre 2012

Hôtel de ville de Verviers © Site officiel de la ville de Verviers

Le 14 octobre dernier avaient lieu en Belgique les élections communales. Comme je ne suis pas spécialiste de la question, j’ai demandé à un collègue et ami, Geoffrey Grandjean, maître de conférences au Département de science politique de l’Université de Liège, de me livrer ses impressions. Puisqu’il fut le « politologue de service » lors de la soirée électorale pour la télévision locale Télévesdre (qui couvre l’arrondissement de Verviers, dans l’est de la Wallonie (près de la frontière allemande), il a bénéficié d’un point de vue tout particulier. Je lui laisse donc la parole (sorry for my English readers: this post on the last municipal elections in Belgium will only be in French).

Le politologue et les médias

Ce dimanche 14 octobre 2012, nombreux ont été les politologues invités sur les plateaux de télévision pour commenter les résultats des élections communales belges. J’ai eu l’occasion de participer à cette grand-messe politologique suite à l’invitation d’une chaîne de télévision locale, Televesdre. J’en ai retiré quelques enseignements intéressants permettant de mieux cerner la relation qui unit les politologues aux médias.

Une soirée électorale, c’est d’abord et avant tout la valse des représentants politiques qui se succèdent sur un plateau. Quand il s’agit d’élections communales, cette valse est d’une rapidité intense. À titre d’exemple, lors de la soirée électorale, la rédaction a souhaité que les représentants de chacune des 29 communes qui composent l’arrondissement de Verviers – arrondissement couvert par la chaîne de télévision locale –, défilent sur le plateau pour débattre des résultats ; le politologue étant là pour recadrer le débat à tout moment. Sur six heures de direct, peu de temps est donc laissé à une analyse détaillée des résultats. Pour cause : il faut éviter que le téléspectateur ne décroche trop vite.

Cette rapidité a pour conséquence majeure que le politologue doit pouvoir répondre rapidement aux interpellations des journalistes par de très courtes interventions. Le temps médiatique n’est pas le temps de l’analyse. Il est donc impossible pour le politologue de livrer des analyses de fond. Il doit réduire la réalité à sa plus simple expression, quitte à devenir caricatural. L’objectif est clair, le téléspectateur doit comprendre rapidement pour pouvoir assurer un enchaînement des séquences télévisées. Le politologue qui se frotte aux médias est dès lors confronté à un important dilemme : soit livrer une analyse de fond (ce qui ne correspond pas au temps médiatique) ; soit réduire son propos à quelques éléments clés (ce qui ne correspond pas à son métier de scientifique). On peut ainsi comprendre aisément pourquoi certains politologues sont médiatiques et d’autres pas… D’aucuns ont bien compris qu’il fallait faire la part des choses et séparer l’activité de scientifique de la prestation médiatique. Il s’agit d’une constatation basique, certes. Mais, je peux bel et bien affirmer que ce n’est pas aisé, pour un politologue de livrer des analyses très simplifiées. En effet, son métier lui apprend la nuance, la modération, la multiplicité des causes d’un événement et la pluralité des conséquences. Il doit donc faire le deuil de son habit scientifique. Mais, c’est le prix à payer pour tenter de mieux faire connaître le monde politique aux citoyens.

Ensuite, je suis toujours étonné du souvenir que peut laisser un passage sur un plateau de télévision. Les quelques échos que j’ai reçus vont tous dans le même sens : je semblais être à l’aise, bien habillé dans mon costume, clair dans mes propos et souriant. Même si on ne crache pas sur ce genre de commentaires positifs, j’aurais voulu que l’on contredise certaines de mes affirmations ou que l’on nuance davantage mes propos. Mais rien de tout cela. La télévision semble exercer un tel pouvoir de fascination que le plus important, c’est finalement juste d’être dans le petit écran.

Par ailleurs, j’ai été étonné de remarquer que les vainqueurs des élections ne fanfaronnent pas sur les plateaux de télévision. Que du contraire, il y a un véritable respect des adversaires politiques, même si ceux-ci ont été les perdants du scrutin. On pourrait émettre l’hypothèse selon laquelle les gagnants d’aujourd’hui ont été les perdants d’hier et seront peut-être encore ceux de demain. On pourrait aussi y voir la concrétisation d’un certain réalisme politique selon lequel au lendemain des élections, il faudra gouverner à plusieurs, surtout en Belgique où le système de représentation est proportionnel. Cela reste en tout cas surprenant lors d’une soirée électorale, lorsque la fièvre politique est à son comble. Les élus locaux font bel et bien preuve de sang-froid.

Enfin, une soirée électorale consacrée aux élections locales permet de mieux comprendre la vision des représentants politiques communaux et provinciaux, surtout en Belgique francophone. En effet, certains hommes politiques ont parfois consacré plusieurs années de leur vie à une fonction politique. Or, au soir des élections, tout peut basculer. C’est notamment le cas du bourgmestre. En effet, est maintenant élu bourgmestre, en Région wallonne, le candidat qui a le plus de voix sur la liste ayant le plus de voix parmi les groupes politiques composant la nouvelle majorité politique. Ainsi, il n’est maintenant plus rare qu’un bourgmestre ayant exercé sa fonction pendant six ou douze ans, par exemple, ne soit plus bourgmestre, voire pire, ne soit plus dans la majorité. À plusieurs reprises sur le plateau de télévision, des candidats semblaient totalement effondrés, au bord des larmes car du jour au lendemain, ils se retrouvaient quasiment sans fonction politique. Cette situation pourrait paraître anecdotique mais elle est révélatrice, me semble-t-il, de la manière dont les élus envisagent leur fonction politique au niveau local. Ils donnent l’impression de se considérer comme indispensables pour une commune. Ils n’envisagent dès lors plus la possibilité d’être évincés démocratiquement de leur fonction. Cette constatation pourrait expliquer pourquoi les accords préélectoraux ont la cote en Belgique. Ils sont en effet un moyen de rassurer les élus sur leur devenir politique. Il faut noter qu’on estime à environ 60% le nombre de communes concernées par des accords préélectoraux et que seule la moitié de ceux-ci sont respectés au lendemain des élections.

Au final, les enseignements d’une soirée électorale sont multiples. Ils permettent au politologue de mieux se positionner parmi tous les acteurs intervenants sur un plateau de télévision en donnant des indications intéressantes sur le niveau de pouvoir que constituent les communes en Belgique.

Geoffrey Grandjean


L’attentat du Métropolis

5 septembre 2012

Difficile de commenter la soirée d’hier.

Il est évident que l’élection d’une première femme au poste de premier ministre est un événement historique, mais la courte victoire du Parti québécois, avec seulement 54 sièges, posera certainement des problèmes pour l’adoption de son programme au Parlement (et nous reviendrons sur les estimations des sondeurs qui, qu’on le veuille ou non, ont eu des failles).

Toutefois, tout cela s’efface devant le drame qui a eu lieu au moment du discours de Pauline Marois. C’est dans ces moments que l’on comprend mieux la fragilité de la vie démocratique. Un homme armé est entré au Métropolis et a tiré, tuant un technicien et en blessant un autre. Il aurait pu toucher Mme Marois. Il faut d’abord se recueillir devant cette vie inutilement perdue et réfléchir sur les conséquences d’un tel geste.

Ce n’est pas ainsi que la démocratie doit se vivre. La grande force de nos systèmes électoraux est qu’après toutes ces joutes verbales à la défense de projets de société divers, un choix émerge que les perdants acceptent jusqu’aux prochaines élections. On n’insiste peut-être pas assez sur la grandeur de cette dynamique politique.

Before any comments, we have to reflect upon the fatal shooting at Pauline Marois Quebec victory speech. Clearly, democracy is a fragile political system.


Voter stratégique…

1 septembre 2012

La campagne électorale québécoise est maintenant terminée. Depuis le 1er août, les 3 principaux partis se sont affrontés (le Parti libéral, le Parti québécois et la Coalition avenir Québec), en plus de 2 partis très minoritaires mais qui ont eu une influence suffisamment grande politiquement pour faire partie de bien des discussions (Québec solidaire et Option nationale).

Il est rare qu’un si grand nombre de partis politiques se présentent dans un système électoral « uninominal à un tour » propre à l’Amérique du Nord (et on ne compte pas les 15 autres partis de toute tendance). D’après le célèbre politologue Maurice Duverger, un tel système électoral favorise plutôt le bipartisme et tend à polariser la vie politique. La raison en est bien simple : le système est conçu de telle sorte qu’est élu dans une circonscription le candidat ayant obtenu le plus de voix (une pluralité, donc). Lorsque deux candidats se présentent, le gagnant aura nécessairement obtenu la moitié des voix plus une, mais dès que trois candidats ou plus se présentent, la majorité absolue n’est plus nécessaire pour l’emporter. Le cas classique est alors de voir le candidat du parti A gagner avec 40 % des voix, alors que le candidat B obtient 35 % et le candidat C, 25 %, par exemple. Si les voix de B et de C s’étaient portées sur un seul candidat, A aurait été battu. Voilà pourquoi ce système électoral « encourage » des luttes à deux candidats et une bipolarisation de la vie politique : un parti « au pouvoir » contre le regroupement des forces d’opposition à ce parti.

Manifestement, cette dynamique ne se produira pas au Québec cette année. Pour toutes sortes de raisons liées à l’usure du pouvoir du Parti libéral, à une faiblesse relative du Parti québécois, à la présence d’un nouveau parti (la CAQ) et au rôle non négligeable de Québec Solidaire, des résultats très serrés risquent d’être enregistrés ce soir dans de nombreuses circonscriptions. Quelques voix pourront faire la différence.

Il y a quelques jours, un débat a eu lieu sur la nécessité de voter de façon «stratégique » ou non pour cette élection. Pour comprendre cet appel, souvent lancé par les grands partis d’opposition (alors que les petits en appelleront pour un vote de conviction), il faut garder en tête la dynamique du système expliquée précédemment. Comme 3, voire 4 partis peuvent représenter potentiellement un choix d’opposition dans une circonscription, un électeur qui votera pour le parti « selon ses convictions » sans se soucier de sa place «stratégique » pour battre le candidat du parti au pouvoir risque simplement de diviser le vote… On peut en appeler à une réforme de ce mode de scrutin, reste que ce dernier est en vigueur pour cette élection et que la dynamique d’un vote doit être connue.

C’est la raison pour laquelle, depuis quelques années, on retrouve sur Internet différents sites établissant des prévisions par circonscription à partir des résultats des sondages, des traditions électorales et de différents autres facteurs. Ces analyses ont des limites (nous les étudierons après la soirée électorale…), mais elles peuvent aider le choix de l’électeur lorsque, comme cette année, plusieurs partis peuvent faire pencher la balance.

Parmi ces sites, on peut consulter : ThreeHundredEight.com (ce nom vient du nombre de circonscriptions électorales fédérales, mais l’auteur s’intéresse également aux différentes élections provinciales), Si la tendance se maintient (du nom d’une phrase célèbre prononcée traditionnellement par le présentateur vedette de Radio-Canada pour annoncer le parti gagnant au soir des élections) et Prévisions électorales. Une mention spéciale aussi pour le site de Claire Durand qui étudie les sondages depuis de nombreuses années (évidemment, il convient aussi de se référer aux maisons de sondage qui fournissent les résultats de base pour ces analyses, en particulier CROP et Léger Marketing).

Reprenons, dans un tableau, les prévisions pour la province de ces sites :

ThreeHundredEight : Parti québécois minoritaire : PQ (63) PLQ (33) CAQ (27) QS (2)

Si la tendance…Parti québécois majoritaire : PQ (66) PLQ (33) CAQ (24) QS (2)

Prévisions électoralesParti québécois majoritaire : PQ (69) PLQ (30) CAQ (23) QS (2) ON (1).

En cliquant sur les liens, chaque circonscription est analysée. L’électeur peut ainsi évaluer, en connaissance de cause, le poids de son vote selon le message qu’il souhaite faire passer.

Pour terminer, mes lecteurs européens qui souhaiteront suivre la soirée électorale devront se résoudre à passer la nuit éveillée (ce que je compte bien faire !). Si vous souhaitez suivre les résultats, je vous conseille les différentes pages du site de Radio-Canada et l’entrée #qc2012 sur Twitter. Le site q2012.info regroupe également toutes les infos et les tweets sur le sujet. Au moment où je termine cette entrée, on indique que le taux de participation est élevé. La soirée sera à suivre…

For my English-speaker followers, see the ThreeHundredEight.com website for the best information on the Quebec provincial elections. This website deals with the issue I describe in this post.


Starbucks et politique

6 août 2012

Un Starbucks

Lorsque je suis dans une ville étrangère, j’aime toujours me retrouver chez Starbucks. Ce n’est pas vraiment pour le café (je prends des jus glacés), mais surtout pour la connexion Internet que je suis certain de trouver. C’est aussi un endroit où on s’attend à ce que d’autres gens consultent Internet (le nombre de Macs au mètre carré est impressionnant) ou même que les étudiants travaillent… Certes, il se trouve toujours des bien pensants pour critiquer les Starbucks (attitude intellectuelle normale puisqu’il s’agit après tout d’un produit culturel américain envahissant – voir aussi cet article sur le ton culpabilisant). Pour moi, il y a un aspect social chez Starbucks que seuls les vrais adeptes comprennent, je crois.

C’est un peu la réaction « inverse » que j’ai eue en lisant un des derniers articles de Patrick Lagacé qui est allé interroger des campeurs du célèbre camping Saint-Madeleine, sur le bord de l’autoroute 20 entre Montréal et Drummondville. Un camping sur l’autoroute ! Ne faut-il pas être un peu fêlé pour passer des vacances à cet endroit ? Je n’irais jamais passer les miennes là, voyons. Avec humour, évidemment, Lagacé y est allé « tâter le pouls du vrai monde » à propos des élections générales qui viennent d’être déclenchées au Québec. On remarquera qu’il n’y va pas pour dévaloriser le choix de ces gens, au contraire (« Malgré la proximité de la 20, l’endroit est étonnamment tranquille, la rumeur des voitures ne nous parvient pas. À moins d’être au fond du camping, c’est clair, le campeur n’a pas besoin de bouchons pour dormir ».). Toutefois, j’avoue que la plupart des commentaires qui ressortent de ce vox populi sont assez décourageants : « moi, la politique, ça ne m’intéresse pas »… Et ce ne sont pourtant pas des jeunes !! Pendant le prochain mois, près de 500 candidats vont tenter d’attirer l’attention de ces électeurs. Même si nous sommes en plein été, il faut espérer qu’ils soient à l’écoute – pas seulement parce qu’il s’agit de leur devoir, mais parce que c’est encore la seule vraie occasion d’échange dans une démocratie. Après, on pourra toujours manifester…

I like to stop by Starbucks. I know, some intellectuals prefer criticizing this trendy American chain, but it is a convenient place to check emails or even to work (as students like to do). I think you need to go there to understand its social aspect. It is probably the same thing for people who like spending their holidays at the Camping Sainte-Madeleine in Quebec, next to the Highway 20… I wouldn’t like to be there!! La Presse’s columnist Patrick Lagacé did a vox populi there a few days ago, after the call for the 2012 Quebec General Election. Frankly, this was discouraging: people seem so disinterested in politics (and they were not even young!). Even if we are in the middle of summer, an election is really the only time to talk about politics. Almost 500 candidates are prepared to do so right now!!