Une campagne qui s’annonçait calme… ?

20a9d6816afb3bd65bc339e2c7a4e4acJe ne vous annoncerai pas une grande nouvelle dans cet article : ce n’est d’ailleurs pas mon rôle, heureusement. Depuis dimanche au Québec, on ne parle que de la candidature de Pierre Karl Péladeau dans la circonscription de Saint-Jérôme pour le Parti québécois. De nombreux commentaires ont été faits sur cette nouvelle, et j’aimerais apporter ma petite pierre.
Avec l’arrivée de PKP se posent trois questions : l’entrée d’un homme franchement de droite dans un parti réputé de centre-gauche ; la remise au centre du jeu du combat pour l’indépendance ; les règles d’éthique à définir dans le cas d’un possible futur ministre qui était il y a encore quelques mois un « magnat de la presse » (Québecor regroupant Vidéotron, TVA, le Journal de Québec, le Journal de Montréal, Sun Media, Archambault et bien d’autres) et un des hommes les plus riches du Québec.
En fait, tout ceci peut être vu – aussi paradoxal que cela puisse paraître – en droite ligne avec ce que je développais dans mon billet précédent : le PQ n’a plus peur (et rien ne l’empêche plus vraiment) de brouiller les cartes. Souffler le chaud et le froid en essayant de ratisser le plus large possible ? Tout un défi. Enfin, si l’homme est une personnalité fort connue et s’avère évidemment un atout, reste à savoir cependant s’il aura suffisamment de flair politique pour savoir jouer convenablement ce dernier.
Quant à la position délicate de savoir si un homme si « puissant » peut s’engager en politique sans qu’il n’en vienne à confondre les intérêts de l’État avec les siens, je pense que la question se pose réellement au delà d’un simple respect du code d’éthique actuel de l’Assemblée nationale. La situation est on ne peut plus exceptionnelle. Mais toute proportion gardée, la même question se pose aussi pour ces journalistes qui passent d’une profession à l’autre (elle se pose d’ailleurs en ce moment en Belgique où des élections se préparent aussi). Pour s’assurer d’une véritable indépendance, seule une période de temps « raisonnable » devrait espacer profession et politique, période variable selon les circonstances. Mais dans le cas de M. Péladeau, on peut encore se demander si sa carrière politique sera longue…

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