Le mois de juillet fut normal côté température…

31 juillet 2012

Gouttes de pluie sur une fenêtre (Amsterdam) © Massimo Catarinella via Wikimedia Commons

J’adore lire les nouvelles de l’Institut royal météorologique de Belgique. Il y a toujours quelque chose de « rassurant ». N’est-ce pas magnifique d’apprendre que notre mois de juillet pourri fut… normal ? Cela prouve bien qu’entre statistiques et perception, il y a toute une marge…

I always enjoy reading the bulletin of the Royal Meteorological Institute of Belgium. It is so reassuring. Isn’t great to know that the filthy weather we had in July was, in fact, normal ? Statistics and personal perceptions are two different realities, aren’t they?


Fête nationale belge

22 juillet 2012

La Grand Place de Bruxelles (Paul Ijsendoorn source http://www.flickr.com/photos/ijsendoorn/333903083/)

Les Belges célèbrent leur fête nationale le 21 juillet. Cette année, le climat a été fort différent de celui de l’an dernier (je ne parle pas ici de la météo, mais du climat politique, évidemment !). Nous étions alors en pleine crise politique, sans gouvernement fédéral (mais le pays n’était pas à l’arrêt, les gouvernements régionaux et communautaires pouvant fonctionner). À la veille du 21 juillet, il y a un an, le roi Albert II était clairement intervenu dans la crise, dans un discours à la nation qui sortait vraiment des clichés propres à ce genre d’exercice. Sa gestuelle, surtout, était remarquable. Clairement, il fallait marquer le coup et montrer la gravité de la crise.

Dans son discours de 2012, le roi « adopte un point de vue plus classique de témoin ». Néanmoins, un rôle plus engagé lui a été réservé jeudi lors de la signature des premiers textes qui résultent de l’accord entre les partis politiques et qui marqueront la sixième réforme de l’État belge depuis 1970. Il s’agit de modifications institutionnelles à Bruxelles et dans ses environs, ainsi qu’au financement de la capitale. Le tout a été fait en grande pompe, manifestement pour marquer encore le coup.

Évidemment, le jeu politique entre les partis n’en est pas terminé pour autant. LA N-VA (Alliance Néo-Flamande) de Bart De Wever promet de faire parler d’elle au moment des prochaines élections municipales… et remettra éventuellement tout en question. Les stratégies de ce parti ne sont pas toujours très bien comprises par les francophones, d’ailleurs. C’est pourquoi cette entrevue de deux journalistes français me semble fort intéressante dans ce contexte.

Voilà, de mon côté, je vais prendre une petite pause estivale – comme une bonne partie de la classe politique d’ailleurs. On annonce enfin du beau temps. On ne va pas s’en plaindre. De retour vers le 15 août !

Belgian national day is on July 21th. The political climate has been less tense this year. Belgium has a federal government and the first modifications of legal texts were adopted last Thursday. Albert II’s speech to the nation has been delivered with a much more cheerful tone. But the political crisis is not over yet. With the local elections in full swing, the nationalist party N-VA will certainly make new gains and claim new constitutional changes. This sixth reform of the Belgian kingdom since 1970 will not be the last one…

Time for me to have a break and, perhaps, enjoy summer in this part of Europe… See you all around August 15th! Your comments are always welcome!


14 juillet !

14 juillet 2012

Bonne fête nationale à tous mes amis et lecteurs français !

Paris la nuit (par Benh LIEU SONG via Wikimedia Commons)

Saviez-vous qu’il est aussi de tradition de célébrer le 14 juillet à Liège et à Düsseldorf ?


Beyond the Lack of Political Interest Among Adolescents (IPSA Madrid)

12 juillet 2012

I did my presentation this morning on the values of young students involved in either civic or political participation. Are they as different as we may think? It went well and I had good comments. If you want a copy of those preliminary results, don’t hesitate to contact me.

J’ai fait ma présentation ce matin sur les valeurs des étudiants engagés dans une participation de type « civique » et une participation de type « politique ». Sont-ils si différents qu’on pourrait le penser? Tout s’est bien passé et j’ai eu de bons commentaires. N’hésitez pas me contacter pour recevoir une copie préliminaire des résultats (en anglais).

Several researches have showed that adolescents and young people in general are not interested in politics and do not want to be involved in political parties. On the contrary, they seem to favour largely participation in organisations campaigning for the defence of human rights or the environment (civic participation). However, this image does not show the complex web of relationships between participation and interest of today’s youth. First, the purpose of this paper is to suggest a more complex image considering the interest in politics and the reality of participation. Second, we would like to compare the set of values among participants: do they contest our present social and economical system or do they share their core values? Are they so opposed to “traditional” politics and how? In fall 2011, we have conducted a new survey among 684 students in 7 high schools in Liège, Belgium. To our surprise, if differences exist in the appreciation of politics for those who reject political participation, there are no differences when we compare social values. With the raise of new interest in politics among the youth, this is a call for further researches.

De nombreuses recherches ont montré que les adolescents ne sont pas intéressés par la politique et ne veulent pas s’engager dans les partis politiques. Par contre, ces mêmes enquêtes indiquent qu’ils appuient largement la participation dans des organisations pour la défense des droits de l’Homme ou de l’environnement (une participation civique, dirons-nous). Toutefois, ne garder que cette seule image ne permet pas d’illustrer les nombreuses interactions entre les participations et les intérêts de la jeunesse d’aujourd’hui. La présente communication vise d’abord à proposer une image plus complexe en comparant l’intérêt politique et la participation, puis, en comparant les valeurs des adolescents qui s’engagent dans une participation de type civique – et ces derniers ne sont finalement pas si nombreux : contestent-ils l’ordre social et économique actuel ? s’opposent-ils à la politique traditionnelle et comment ? À l’automne 2011, nous avons réalisé un sondage auprès de 684 étudiants dans 7 écoles secondaires à Liège. Si l’appréciation de la politique diffère chez ceux qui rejettent la participation politique, il est surprenant de constater que ces rejets ne se retrouvent pas au niveau des variables sociales du questionnaire. Avec les changements que l’on observe un peu partout aujourd’hui au niveau de l’engagement des jeunes, ces résultats appellent nécessairement de nouvelles recherches.


La ‘marcha negra’

11 juillet 2012

Les mineurs ont traversé les rues de Madrid, lampe au front
DANI POZO (AFP)

As I stay very close to Puerta del Sol, I had difficulties to sleep last night because of the helicopters…

Comme je suis tout prêt de la Puerta del Sol, les hélicoptères m’ont un peu empêché de dormir… Au coeur de l’action !

« La ‘marcha negra’ culmina en Madrid arropada por una multitud » (El País)

A la lumière de leurs lampes frontales, casque sur la tête, les centaines de mineurs en grève de la « marche noire », venue à pied du nord de l’Espagne, ont traversé Madrid mardi soir, à la veille d’une grande manifestation pour crier le désespoir de toute une profession.
Portant leurs uniformes de travail bleu foncé, les mots « Non à la fermeture des mines de charbon« , « Pour que renaissent les villes minières » inscrits sur leurs chemises, les mineurs ont défilé vers la place de la Puerta del Sol, en plein centre de la ville, accompagnés par des milliers de Madrilènes.

En grève depuis le début du mois de mai, ils protestent contre la réduction des aides publiques décidée par le gouvernement, qui selon eux condamne des milliers d’emplois. (RTBF)


22e congrès de l’Association internationale de science politique, Madrid

8 juillet 2012

Puerta del Sol à Madrid pendant les manifestations de 2011 © Fotograccion (http://fotograccion.org/) (Wikimedia Commons)

Grosse journée aujourd’hui dans la chaleur madrilène pour aider à l’organisation du 22e congrès de l’AISP : il faut préparer les lieux, les reçus d’inscription, les badges et les pochettes de plus de 3000 participants. La liste des panels donne déjà un aperçu de la variété des thèmes qui seront abordés. De mon côté, je m’intéresserai surtout au comité de recherche 21 sur la socialisation politique, évidemment, mais aussi au 29 sur la psychologie politique. Les membres de l’Association peuvent même consulter les textes en ligne.

En passant, je demeure dans un hôtel tout près de la Puerta del Sol, la grande place au centre de Madrid où les Indignados ont protesté en 2011 (manifestations à l’appel du mouvement ¡Democracia Real Ya! (Une vraie démocratie, maintenant)). J’espère avec l’occasion de discuter avec des jeunes qui ont manifesté !

Tomorrow, the 22nd World Congress of Political Science will start in Madrid. It is a huge event for political scientists around the world. Today I helped to finalise everything. Not only the last minute stuff, but also conference bags with official receipts and badge… More than 3000! Tomorrow it will be very crowded in the Facultad de Medicina of the Universidad Complutense.

By the way, my hotel is close to the Puerta del Sol, where the Indignados camped in 2011. This large place, at the centre of the city, was very crowded, as the picture shows!


L’école du pouvoir (l’ÉNA)

3 juillet 2012

La victoire de François Mitterrand en 1981
© L’École du pouvoir

Pendant quelques jours, il est encore possible de visionner un film fort intéressant, L’École du pouvoir, sur le site de ARTE (en deux parties, première et seconde partie). Il raconte le cheminement de cinq énarques qui entrent au service de l’État au moment de l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République, en 1981. Lorsqu’ils sont acceptés dans cette École d’élite en 1977 (« l’élite à la française »), ils rêvent de changer de l’intérieur un système fortement inégalitaire (on appréciera ce moment où le directeur semble fier (?) de demander nommément aux deux seuls étudiants venant du monde agricole et du monde ouvrier de se lever devant tous…). L’arrivée au pouvoir de la gauche leur donnera la possibilité de « changer la vie », mais les désenchantements de la rigueur et la realpolitik en montrera vite, trop vite, les limites. Les choix devront alors être faits entre idéaux et carrière…

Certes, ces cinq jeunes ne représentent pas la « génération Mitterrand » (la copine d’Abel, qui étudie à Paris Vincennes et qui lutte contre la fermeture de son université, l’est davantage*), mais illustrent fort bien les ambitions de jeunes élites dans un contexte de changement. Ce qui m’a frappé, ce sont les comparaisons que l’on peut facilement se faire, à près de 30 ans de distance, entre deux « générations » voyant arriver la gauche au pouvoir. Je ne suis pas certain que l’enthousiasme des jeunes élites que l’on voit dans ce film se retrouve aujourd’hui avec l’arrivée de François Hollande. En tout cas, les Socialistes eux-mêmes ne reflètent pas ce même enthousiasme. À suivre…

Quant à moi, j’ai été heureux de revoir cette période de l’élection de Mitterrand, où je demeurais alors dans le sud de la France. Avec les films d’archives, on revoit les affiches électorales, les candidats de l’époque, la montée de Mitterrand au Panthéon, la sortie télévisée incroyable – alors que la télé était encore monopole public – de Valérie Giscard d’Estaing : après un bref discours en appelant à la Providence pour que tous les malheurs ne s’abattent maintenant pas sur la France, la télé le filme alors qu’il se lève et quitte la pièce au son de la Marseillaise (laissant alors la chaise vide pendant toute l’interprétation de l’hymne)… C’est en revoyant cette époque que l’on mesure mieux comment la politique est parfois une affaire de profonds clivages et non simplement un choix entre des équipes dirigeantes. Un film à voir, donc (en français ou en allemand).

* En fait, la formation donnée alors à Vincennes est à l’exacte opposée de celle de l’ÉNA. Elle ressemble davantage à une certaine tradition américaine et, en partie, à l’enseignement de mes propres cours.

Lehrjahre der Macht
1977 bis 1986, von der Aufnahme in die Eliteverwaltungshochschule ENA bis zu ihren ersten Posten mit Verantwortung: Fünf junge, ehrgeizige Politikstudenten stehen an der Schwelle, zu den staatlichen Entscheidungsträgern aufzurücken, just als sich die Machtübernahme der Sozialisten unter Mitterrand abzeichnet. ARTE TV