Troublé…

26 juin 2012

S’il vous plaît, Monsieur le chroniqueur, dites-moi que cette lettre est fictive…

If you read French, I strongly recommend you to read the first part of this paper from a famous French columnist. Unbelievable…

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Bonne fête Québec !

23 juin 2012

24 juin, Saint-Jean-Baptiste, Fête nationale des Québécois…

Beaucoup de souvenirs d’enfance sont associés à ce moment, maintenant que je ne demeure plus au Québec depuis de nombreuses années. Le moment était toujours synonyme du début de l’été, puisque les classes se terminaient un peu avant, vers le 21 juin au primaire et au secondaire. Il y avait des célébrations dans les quartiers, avec de la musique (beaucoup de musique), des saucisses et des feux de joie (lorsque j’ai été scout, nous en avons même organisé un, mémorable, dans le quartier Christ-Roi où nous avons pratiquement craint pour le presbytère…). Lorsqu’on devient majeur, l’envie nous prend d’aller célébrer la fête à Québec, sur les célèbres Plaines d’Abraham, lieu de la première des défaites françaises de la Guerre de Sept ans qui menèrent à la perte de la Nouvelle-France.

Les connotations politiques n’ont jamais été absentes de cette fête. Identifiée d’abord comme la fête des Canadiens français et encadrée par l’Église catholique (voir une assez bonne description sous Wikipédia), elle est devenue fête des Québécois dans les années soixante avec l’affirmation nationaliste, puis « Fête nationale » avec l’arrivée du Parti québécois en 1976. C’était la grande époque des fêtes sur la montagne à Montréal et la création de Gens du pays par Gilles Vigneault. Encore aujourd’hui, même si la souveraineté du Québec n’est plus vraiment à l’ordre du jour, certains débats émergent de nouveau. Depuis 2009, un questionnement de plus en plus vif sur la pertinence d’entendre des chansons en anglais pendant les fêtes me semble assez significatif de l’évolution politique du Québec d’aujourd’hui.

Peu importe votre vision de la fédération canadienne, la société distincte québécoise ne mérite-t-elle pas d’être célébrée au moins une fois par année ? Bonne fête Québec !

Since the 19th century, French Canadians have celebrated their feast on June 24th, St John the Baptist Day. In the sixties, strong nationalist feelings in Quebec transformed it to celebrate Quebec people and, in 1977, the Parti québécois made it the Quebec National Holiday. This celebration has always been seen as a political statement. Even until today, it has not been possible for the few English groups to sing in their own language if they wanted to. Is this an expression of exclusion or a will to reaffirm the core of Quebec distinct society? Anyhow, every Quebecker – and people who like them – has reasons to celebrate tonight and tomorrow. Bonne fête Québec!


Euro 2012 et nationalisme

22 juin 2012

Depuis le début de l’Euro 2012 en Pologne et en Ukraine, les drapeaux allemands se sont multipliés dans ma région. Ici, il n’est pas rare de voir des drapeaux aux fenêtres pour les kermesses, les fêtes patronales (mon village célèbre saint Jean-Baptiste ce weekend, et on voit de grandes banderoles bleues et jaunes aux fenêtres et dans les lieux publics). Mais les drapeaux allemands, c’est du sérieux. Faut-il y voir une manifestation « nationaliste » ? Au Québec, mettre un drapeau fleurdelisé dans son jardin est courant ; il en va de même pour le Stars and Stripes aux États-Unis. La chose est moins fréquente en Europe, et cela étonne un peu.

Le terme « nationalisme » n’est pas nécessairement un concept « objectif » – comme il est souvent le cas en science politique – mais exprime une conception politique située dans l’arène du débat. À la base, on y voit une

Doctrine, mouvement politique fondé sur la prise de conscience par une communauté de former une nation en raison des liens ethniques, sociaux, culturels qui unissent les membres de cette communauté et qui revendiquent le droit de former une nation autonome (Centre nationale de ressources textuelles et lexicales).

Toutefois, le caractère relatif du nationalisme me semble être le problème fondamental dans les États multinationaux : le « Canadien » considérera souvent illégitime le nationalisme québécois sans avoir de problème avec le « patriotisme » canadien ; idem, évidemment, chez les Belges (en inversant les forces linguistiques, toutefois). C’est alors que le nationalisme de « l’autre » devient xénophobie, isolement politique et culturel… Il faudra revenir sur tout cela.

À voir le contexte de l’Euro 2012, il serait périlleux de voir une forme de « nationalisme » dans tous ces drapeaux aux fenêtres et sur les voitures. Et pourtant, quand la Grèce va jouer contre la Mannschaft ce soir, les rapprochements politiques ne seront pas très loin. Comme on pouvait le lire dans la BZ de Berlin ce matin :

Aujourd’hui à 20H45, il y a un cours de rattrapage pour les Grecs sur l’euro. Les garçons, jouez la comme la chancelière: dur mais juste!

Les Grecs, de l’autre côté, aimeraient bien évidemment se venger mais, comme dans la vie politique actuelle, ils ne partent pas favoris…

Until the end of June, everything in Europe is dominated by football (soccer, if you prefer). It is quite impressive to see the German flag everywhere in cities and towns as well as on cars! Is this an expression of nationalism? In the Euro 2012, each team represents a country, so it is « normal » to support your team with the national flag. But it is a sight we don’t see often in Europe at other times … It is quite strange to see the pseudo-political interpretation of this match. And it doesn’t seem as if the Greek team would win …



« Ça fait désordre »

13 juin 2012

Tours du Vieux-Port de La Rochelle © William Scot

J’avoue que j’attendais de voir les 7 minutes des Guignols de l’info avant de réagir à la nouvelle française du jour d’hier : la sortie de Valérie Trierweiler sur Twitter. C’est un peu du guignol, non ? « Courage à Olivier Falorni qui n’a pas démérité, qui se bat aux côtés des rochelais depuis tant d’années dans un engagement désintéressé ». Deux jours qu’on en parle ; deux jours dans une campagne de second tour des législatives qui ne durent qu’une semaine. On s’est interrogés à savoir quel rôle devait jouer la Première dame de France, on s’est demandé – dans une perspective de la lutte des sexes – si une femme devait toujours se taire, on s’est rappelé le souvenir pas si lointain de l’ancien président…

Personnellement, je préfère une autre image : celle de deux généraux. Que penser d’un général qui donnerait l’ordre de tirer dans un sens, alors que le second ordonnerait de tirer dans l’autre ? En termes de stratégie militaire, ce serait plus qu’absurde. Ce serait impossible. Cela ne se fait pas pour gagner une bataille. C’est montrer une grande incompétence. Toutes les questions se résument à celle-là. Car le problème ne concerne pas que le siège de Ségolène Royal. C’est la crédibilité même de la nouvelle équipe qui est remise en cause, ce qui n’est jamais très bon à la veille d’un scrutin…

* Anne-Marie Rocco offre une analyse intéressante dans Challenges.

Since yesterday, French politics has been polarised about the declaration of President Hollande’s partner, Valérie Trierweiler. The former partner of the present President, Ségolène Royal, has tried to be elected in the riding of La Rochelle for the National assembly but she didn’t get 50%+1. A second round will be required next Sunday. Contrary to the French political tradition, it will not be a left-right opposition, but Royal will be fighting against a dissident of her own party, Olivier Falorni. Thus, yesterday, the Hollande’s present partner (Trierweiler) said on Twitter that she supports Falorni against Royal (a few hours after Hollande supported Royal!). What a mess! Frankly, they look more like amateurs than political leaders. I am wondering what Machiavel would have made of that… Full story here.


Quelques bonnes tables et hôtels du Québec !

11 juin 2012

(A short English translation can be found at the end of this article)

Je me suis fait un peu silencieux ces derniers temps, depuis mon retour du Québec en fait. Comme vous deviez vous en douter, j’étais effectivement partie pendant un mois, ce qui m’a entre autres permis de suivre de près les manifestations étudiantes. Depuis mon départ le 21 mai dernier, les choses ont pris une autre tournure, avec les manifestations nocturnes pour contester l’adoption de la loi 78, le mouvement des casseroles et l’échec des négociations avec le gouvernement. La CLASSE, l’association la plus militante, « prône une mobilisation large et ciblée ». Elle entend manifester durant les grands événements de l’été à Montréal (le Grand Prix de Formule 1, le Festival de Jazz, le Festival Juste pour rire, les FrancoFolies…). Si le mouvement s’essouffle un peu, l’été ne sera pas nécessairement calme. J’en reparlerai peut-être.

J’aimerais cependant adopter un ton plus léger dans cet article, et pour ceux et celles qui prévoient un petit séjour au Québec cet été, vous donner quelques bonnes adresses pour y demeurer ou manger.

Pendant mon séjour dans la région de Québec à l’occasion de l’atelier sur l’engagement des jeunes à Baie-Saint-Paul, nous avons logé à l’auberge La Grande Maison, que je ne saurais trop vous recommander. Chacune des 24 chambres est décorée avec goût (étrange, la baignoire au milieu de la pièce, non ?) et les repas composés avec les produits du terroirs sont excellents. Parfait pour les colloques, mais aussi les couples !

La colline parlementaire et le Château Frontenac près du fleuve, à droite, vus du restaurant tournant du Concorde.

La ville de Québec ne manque pas d’hôtels. Lorsque je peux, j’essaie de loger à l’hôtel Château Bellevue, à l’ombre du Château Frontenac. Situé dans le Vieux-Québec face au fleuve, je pense qu’il n’y a pas mieux à Québec, surtout si l’on visite un peu les sites Web pour dénicher des réductions ! Parlant du Château Frontenac, dont la silhouette est connue universellement, je vous conseille d’aller prendre un verre un de ces jours au bar Le Saint-Laurent. La vue sur le fleuve est fantastique. Dans un autre style, pour un bon petit déjeuner, rien de mieux que le Cochon dingue. Il y a plusieurs adresses : je préfère celle du boulevard Champlain, dans le Vieux-Québec. J’ai aussi fait une découverte : le célèbre Café du monde ne se trouve plus sur la rue Dalhousie au coin de la Côte de la Montagne , mais dans le Vieux-Port, près de l’Agora. J’y ai passé une soirée magnifique. Finalement,terminez votre tour le dimanche matin au brunch du bar-restaurant rotatif l’Astral de l’hôtel Loews Le Concorde. Le buffet est excellent, mais c’est pour la vue sur les Plaines d’Abraham, la colline parlementaire, la ville et le fleuve qu’il faut y aller !

Tout le monde vous dira qu’un séjour à Montréal ne sera pas complet sans un vrai sandwich à la viande fumée. Évidemment, le vrai smoked meat se mange chez Schwartz, sur la rue Saint-Laurent. L’expérience est à la fois culinaire et culturelle ! Pour ceux et celles qui souhaiteraient manger dans un resto un peu plus « vaste », j’aime bien amener mes amis chez Reuben’s sur la rue Sainte-Catherine. Les Européens sont toujours bien surpris ! En terme de spécialités, il ne faudrait pas oublier la poutine qui, comme tout le monde le sait, a été créée à Drummondville où se tient même un festival (tout autre commentaire prétendant le contraire sera effacé sans retenu). Certains Montréalais ne jurent que par la Banquise où la poutine peut se déguster 24 heures par jour… Moi, j’aime bien celle du Rapido du Plateau (mais rien de gastronomique là !). Choisissez la vôtre sur ce site entièrement consacrée à la poutine ! Cela dit, il y a des centaines de grès bons restaurants à Montréal, évidemment. J’en ai découvert plusieurs sur l’avenue Laurier, par exemple (à Outremont). Pour une chouette rencontre, le Pèlerin Magellan sur la rue Ontario ou le Café Cherrier sur Saint-Denis. Sur la rive sud, particulièrement dans le vieux Saint-Lambert, j’ai bien apprécié L’ancien Chablis. Et pour un resto familial, arrêtez chez Saint-Hubertévidemment… Les choix sont infinis…

Je terminerai par une petite recommandation si vous poursuivez votre route vers Ottawa : comme les hôtels y sont très chers, les résidences de l’Université Saint-Paul s’avèrent un choix fort intéressant pendant les vacances d’été. Seul inconvénient : il faut compter près d’une heure de marche pour se rendre sur la colline parlementaire ou au Marché By (où se trouvent la plupart des restaurants), mais un arrêt de bus qui nous y conduit se trouve presque devant. Tarifs un peu chers, toutefois…

Voilà donc quelques indications. Merci à tous les collègues et amis (et ma famille !) qui ont rendu mon dernier séjour si agréable !

Sorry for this very long article in French. As you have probably noticed with my different posts, I was in Quebec from the end of April to the end of May. I was very close to the student movement in Quebec and this probably explains why I talked so much about it. And this movement is certainly not done yet. More later? But in this post, I only want to give some interesting places for people who plan a trip in Quebec this summer. Click on any link after from the third paragraph onwards and you will gather a list of my favortie hotels and restaurants in Baie-Saint-Paul, Quebec City, Montreal, and Ottawa. Your suggestions are also welcome!


Message du RAJE

8 juin 2012

Il m’arrive parfois de faire une petite publicité pour les groupes de jeunes. En voici une, au nom du Rassemblement de la jeunesse citoyenne (RAJE citoyenne). Il intéressera les personnes de la région de Montréal :

RAJE citoyenne est un espace d’expérimentation d’une citoyenneté critique et engagée avec, par et pour des jeunes sans-abri ou en situation de pauvreté et d’exclusion sociale. Il a été initié (août 2010) et soutenu par le Regroupement des Auberges du coeur du Québec.

De nouveau sans financement, le RAJE citoyenne lutte actuellement pour sa survie. Chaque petit geste de soutien comptera pour beaucoup.

Comme vous tous, nous croyons en l’importance de favoriser et d’élargir la participation citoyenne dans une société démocratique, y compris celle des jeunes marginalisés par des ruptures multiples (avec la famille, l’école, le marché du travail, l’espace public et politique) et par leurs conditions de vie. La mission du RAJE citoyenne se situe dans cette perspective : favoriser et soutenir la participation citoyenne de ces jeunes, à partir de leurs intérêts, de leurs aspirations, de leur expertise, de leurs valeurs et de leur culture. C’est pourquoi, sous l’impulsion des jeunes engagés, le RAJE citoyenne a développé une participation citoyenne axée sur l’éducation populaire, l’action collective et l’utilisation des technologies et des médias sociaux.

L’engagement de ces jeunes a donné naissance, entre autres, au documentaire Le film d’une lutte pour exister. Tourné et réalisé par des jeunes engagés, ce film témoigne de leurs efforts pour avoir accès à un revenu minimum et à des mesures de formation et de retours aux études, des injustices structurelles qui se dressent devant eux et des actions citoyennes qu’ils initient pour les dénoncer et proposer des solutions concrètes. Ce film témoigne aussi de leurs efforts pour être reconnu comme citoyens, citoyennes, à part entière et comme personnes humaines dignes de respect.

Nous aimerions vous inviter au visionnement de ce film qui se tiendra au cinéma Beaubien, le mardi 19 juin prochain, de 19h30 à 21h30. Ce sera l’occasion de rencontrer et de discuter avec ses jeunes militants.tes. Cette soirée de cinéma sera aussi une activité de financement.

Informations : Regroupement des Auberges du coeur du Québec

Sometimes, I am happy to relay information from youth movements. This one comes from a movement aiming to support young people in a situation of social and economic exclusion. A documentary will be shown to raise money for the movement in Montreal, on June 19, from 7:30 to 9:30 pm (cinéma Beaubien).


Emilia-Romagna

4 juin 2012

© Photo AFP

Un pensiero va ai miei amici emiliani e romagnoli, in particolare ai membri del PIDOP di Bologna e agli italiani della base NATO di Geilenkirchen. Mi auguro e prego che questi momenti terribili siano presto solo un brutto ricordo*.

A little word of encouragement for my friends in Emilia-Romagna, in particular the PIDOP team in Bologna and the Italian residents of the NATO base in Geilenkirchen. I pray that those terrible moments will be nothing but bad memories very soon.

Un petit mot d’encouragement pour mes amis d’Émilie-Romagne, en particulier l’équipe du PIDOP à Bologne et les résidents italiens de la base de l’OTAN à Geilenkirchen. Je prie pour que ces moments terribles ne soient bientôt plus qu’un mauvais souvenir.

* Thanks to my friend Osvaldo Croci for the Italian translation.