Club des mal-cités ?

En général, je suppose qu’on aime bien que nos ouvrages quittent les cénacles universitaires et soient cités dans la presse. Ce ne fut malheureusement pas le cas pour moi aujourd’hui.

J’ai été surpris de lire dans le Devoir, sous la plume de Jean-François Nadeau, l’extrait suivant :

Alors que l’image de la jeunesse sert partout à fleurir des publicités qui chantent l’insouciance individuelle et la consommation de toutes les illusions comme mode de vie par excellence, la jeunesse réelle du Québec en appelle au contraire, depuis des semaines, à en finir avec cette idée factice du chacun pour soi inoculée par les publicitaires.

(…)

« Les jeunes ne s’intéressent pas à la politique et n’ont plus le goût de l’engagement », répétaient encore il y a peu de temps tous les spécialistes d’un colloque tenu à Liège et dont les travaux viennent d’être colligés, sous le titre d’Engagements citoyens et politiques de jeunes, par Raymond Hudon et Bernard Fournier, aux Presses de l’Université Laval.

Que des dizaines de milliers d’étudiants québécois participent depuis des semaines à des réunions, des assemblées, des débats et des manifestations contribue certainement à démontrer que le réel de cette génération ne s’emboîte par exactement dans la boîte où on la range d’ordinaire. Après tout, si ceux qui représentent la suite du monde s’intéressent moins à la politique traditionnelle que certains le souhaiteraient, c’est peut-être parce que cette politique ne s’intéresse plus à ce qu’ils sont devenus, ni à ce qu’ils souhaitent devenir.

Puis-je faire remarquer à M. Nadeau que :

  1. l’article de Raymond Hudon, d’où provient cet extrait, ne vise qu’à illustrer l’opinion de ceux qui professent sans réfléchir, que cette « thèse » n’a jamais été démontrée par aucun participant au colloque (au contraire, comme le montre le livre !) et que tous nos travaux ne s’inscrivent aucunement dans cette ligne de pensée ;
  2. j’ai bien rappelé, en conclusion, que de nombreux événements récents ne nous permettaient certainement plus de véhiculer cette image (le mouvement des Indignés en est la preuve) et qu’au moment où le volume est allé sous presse, bien malin aurait été celui qui aurait pu prévoir un tel mouvement de grève au Québec ;
  3. nous n’avons de cesse de rappeler que la jeunesse n’est pas une réalité homogène ! Si on peut s’enthousiasmer devant réunions et assemblées auxquelles participent des milliers de jeunes, d’autres s’opposent à cette grève, ont même terminé leurs cours et auront réussi leur session…

Je me console en pensant qu’en bien ou en mal, le mieux est qu’on en parle… mais je souhaitais tout de même faire ces rectifications !

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Some personal reactions to an article written in the Montreal newspaper Le Devoir. The columnist, Jean-François Nadeau, quoting our recent book, suggests that we agreed with the idea that young people are disengaged, but the demonstrations in Quebec show that academics are often « wrong ». I think he should better read our book…

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