Voter à 16 ans, un droit ?

Ce court texte a été écrit pour Newsring.fr. Short English translation below.

© Eelco.H

Pourquoi donner le droit de vote à 16 ans ? Personne ne le revendique ! Les jeunes de cet âge s’intéressent-ils assez à la politique et sont-ils prêts à voter ? En fait, poser ainsi simplement la question est plus problématique qu’on ne le pense… Selon cette logique, il faudrait peut-être penser alors à relever le droit de vote à 21, voire 25 ans, et même pourquoi pas, à le retirer à la fin de la vie, où les taux de participation sont encore plus faibles ? En effet, c’est autour de 35-55 ans que la plupart des citoyens s’intéressent à la politique, pour toutes sortes de raisons liées au cycle de vie.

Dans un sondage que nous avons réalisé en Belgique francophone en 2009, 8 jeunes sur 10 se prononçaient spontanément contre le droit de vote à 16 ans. Surprenant ? Pas vraiment. Une telle question, peu discutée et engageant plusieurs dimensions de la vie d’un individu, se mesure mal à l’aide d’un sondage classique. Tous les arguments en faveur et en opposition doivent être connus et discutés. Et c’est ici que la chose devient intéressante. Lorsque des groupes comme le Conseil de la jeunesse francophone de Belgique ou la Conférence jeunesse de l’Union européenne de la présidence danoise s’interrogent sur le droit de vote à 16 ans, c’est d’abord dans le but de stimuler les discussions sur cette question. Autoriser aujourd’hui le droit de vote à 16 ans serait difficile (même si l’Autriche l’a bien fait à tous les niveaux électoraux en 2007, ne l’oublions pas) ; par contre, l’inscrire dans une politique où, dans le cadre d’une éducation citoyenne, les jeunes seraient davantage initiés aux débats, aux questions sociales, au vote aussi, voilà ce qui aurait tout son sens. C’est ce que réalisent eux-mêmes les jeunes engagés.

Penser la question en terme de droit, à notre avis, brouille trop les cartes. Il faut la voir dans le cadre d’une réflexion plus large pour stimuler l’intérêt politique chez les jeunes, par le biais de la famille, bien sûr, mais surtout de l’école. Parler du vote à 16 ans serait ainsi, paradoxalement, une mesure permettant de contrer le désintérêt de nombreux jeunes à la politique.

This text was written for Newsring.fr. It presents quickly some arguments « in favour » of the right to vote at 16. First of all, it must be recognised that few young people claim this right. In fact, they are not interested in politics at all! But if we only consider this argument, perhaps the 35-55 should be the only citizens allow to vote, because it’s the most active period of interest in politics. No really, using a survey for measuring the will of the youth – and the whole population – on this issue is problematic: they haven’t really thought about the issue before answering such a question. This is why youth organisations which agree with this idea claim first of all a real debate on the issue. This attitude is mature, because it would be difficult to implement it (although Austria did it in 2007). In fact, lowering the right to vote could be perceived as a dynamic in our education system to initiate the youth to debates, social issues, even the processes of voting. It could look as a paradox, but giving the right to vote at 16 could be a way to reduce the disinterest of youth in politics…

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